• L'Entracte Gourmand

Sans identité 😷(poème)

Atelier d’écriture proposé par le blog Myriades lors du confinement (médiathèques de Strasbourg). La proposition d'écriture était: Ecrire à partir d’une photo donnée. https://myriadesblog.wordpress.com/


Impossible de ne pas écrire sur cette période difficile, sur mes ressentis... Cette impression de perdition, de ne plus savoir qui je suis, qui sont les autres. Avec ce 😷 cachant notre visage, et la peur qui règne sur le monde. Un monde devenu fou, un monde fragile et austère, un monde qui s'effrite, part en miettes, un monde où les relations sociales sont perturbées, compliquées, et où l'on se sent impuissants. Un confinement qui n'en finit plus, où l'on se sent prisonnier dans notre propre maison, où les angoisses finissent par nous rendre fous... Voilà ce que j'ai pu ressentir durant ce confinement. Voilà ce que le covid a fait naître en nous. 🙈

Heureusement, aujourd'hui, la vie reprend peu à peu son court. Même si on doit continuer de faire attention, de veiller les uns sur les autres, d'être solidaires... Le pire est derrière nous. Et on retrouve enfin la famille, les amis, les embrassades (avec prudence encore), les sourires... 🙂

Je ne peux évidemment pas parler du covid sans mentionner et remercier nos soignants qui ont fait front face à la maladie, mais aussi rendre hommage aux personnes emportées par le covid. 2 ans déjà que l'on vit avec. Je souhaite de tout mon coeur que 2022 sera une meilleure année pour tous. 💙 🙏

En attendant, j'espère que mon poème, mes mots feront échos en vous.

Bonne lecture.



Sans identité



Le masque ne suffit pas

A cacher son désarroi,

Il ne peut se voir en face

Sans d’abord briser la glace.

Des miettes d’âme écorchée,

Poussières d’une identité

Perdue. Corps ravagé

Errant dans les marécages,

Se cherchant milles visage,

Il fait doucement naufrage.

Peu à peu il perd pieds,

La peur le fait prisonnier,

Dans sa tête, c’est le chaos,

Il se noie dans un verre d’eau.

Tapi dans l’ombre d’un tronc,

Il se sent à l’abandon.

Inconnu dans la forêt,

Il se cherche, terrifié.

Il se voit dans les reflets

D’un soleil paralysé,

Il se cherche encore et encore

En lisière des bois morts.

Il voulait juste être aimé,

Pouvoir enfin exister

Dans le miroir de vos yeux,

A présent tout sonne creux

Dans son p’tit cœur malheureux,

Il cherchait la bienveillance,

L’amour, la reconnaissance,

Pour recoller les morceaux,

Être unifié à nouveau.

Vil étranger dans ce monde

A l’arrêt. Cet être immonde

Laisse la folie le gagner,

A bas masque et paillettes,

Puisqu’il ne peut être aimé,

Puisqu’ici tous le rejettent.

Dans cette terre imparfaite,

Restent éparpillées les miettes,

Les miettes d’une âme blette.



Tous droits réservés – Le 02/04/2020